Dans le silence de l'hiver, la hêtraie devient tableau de givre. Le vent s'infiltre entre les troncs et fige les quelques feuilles orangées, séchées qui n'ont pas succombé au passage de l'automne. La forêt se repose dans le froid, la vie animale se lit sur le sol quand les traces subsistent sur le manteau blanc. Le passage d'un cerf, croisé par celui d'un lièvre, d'un renard ou d'une hermine et dans le ciel, un couple de corneilles trace son sillage sous les stratus.

Le souvenir de l'été se dresse encore dans l'alpage, les gentianes desséchées servent de perchoirs à quelques passereaux curieux, sûrement en quête de petits insectes en hibernation.

Le paysage dessine des millénaires d'années de vie.

La marche devient le fil d'une histoire, celle de l'harmonie du vivant sur un petit plateau d'altitude où chaque rencontre, même invisible, est singulière et remplie de beauté. Le souffle du vent, lui, a signé ce récit journalier de son chant dans les arbres.

Parenthèse 01 - Le souffle du vent